J’apprends avec infiniment de tristesse la mort d’Aimé Césaire, dans sa ville de Fort de France pour laquelle, jusqu’au bout, il s’est passionné. En ce jour de deuil, je pense à la peine de sa famille, de ses proches, de celles et ceux qui ont combattu et bâti à ses côtés, de celles et ceux auxquels il passa le flambeau en gardant, pour ses chers Foyalais, une attention et une écoute de tous les jours.
Je me souviens de sa main prenant la mienne à la mairie de Fort de France et de ces mots d’encouragement qu’en janvier 2007, il m’avait prodigués en me faisant ce beau et généreux cadeau : accepter la présidence d’honneur de mon comité de soutien. Je me souviens de la fierté et de la reconnaissance que j’en avais éprouvé. Elles ne m’ont pas quittée.
Une grande voix s’est éteinte, celle d’un homme de conviction, de réation, de témoignage, qui fut sa vie durant un éveilleur de conscience, un éclaireur de notre temps, un démineur d’hypocrisies, un porteur l’espoir pour tous les humiliés, un combattant inlassable de l’humaine dignité.
Aimé Césaire n’est plus et déjà il nous manque mais sa parole incandescente continue de nous accompagner, portée par l’œuvre d’un immense poète qui ne se déroba pas au rendez-vous de l’histoire.