Alors que François Fillon reçoit aujourd’hui les associations d’aide au logement, «Libération» s’est procuré le rapport du Samu social qui décrit le quotidien des sans-abri.
«C’est une population qui vieillit, se féminise, et s’internationalise.» Aujourd’hui, l’Observatoire du Samu social de Paris (1) rend publique une série d’enquêtes et de travaux inédits sur les sans-logis. Des études passionnantes qui donnent un autre visage à ces silhouettes enfermées sous le sigle de SDF. Surgissent des itinéraires, dans leurs cassures, dans leur répétition, dans l’inégalité absolue devant la maladie, mais aussi dans la vie qui se maintient malgré tout autour de liens affectifs ou sexuels: «Survivre et faire l’amour», dit joliment ainsi une des enquêtes. Et toujours un même constat court : l’insertion et l’hébergement sont deux histoires qui ne se confondent pas.
Qui sont-ils ?
«Il s’est agi de regarder en 2006 les 9 000 personnes isolées qui ont été prises en charge et hébergées par le Samu social de Paris, explique François Michelot, démographe à l’Observatoire. A côté de cela, il y a les 8 000 personnes hébergées en famille.» A 80 %, ce sont des hommes, mais depuis cinq ans le nombre de femmes augmente. Ils ont, en moyenne, 40 ans, alors qu’en 1999 la moyenne était de 35 ans. «Les plus de 50 ans représentent 22 % alors qu’ils n’étaient que 12 % en 1999.» 45 % sont français, et parmi les étrangers il y a… 133 nationalités représentées. D’autres chiffres encore : 20 % n’ont pas de papiers, 20 % n’ont aucune couverture sociale, un tiers aucun suivi social, et la moitié déclare n’avoir aucune ressource.